• Stratégie de remplacement du TIP et du Télérèglement : quelle place pour l’innovation ? Stratégie de remplacement du TIP et du Télérèglement : quelle place pour l’innovation ?
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    04/02/2015
    FLAB

    Après la migration des virements et prélèvements à la norme SEPA (Single Euro Payments Area), les créanciers doivent maintenant faire face à l’arrêt du TIP (Titre Interbancaire de Paiement) et du télérèglement le 01/02/2016. A un an de l’échéance, quelles sont les alternatives pour le remplacement de ces moyens de paiement ? Est-il possible de proposer des solutions innovantes pour transformer cette contrainte réglementaire en opportunité de moderniser ses  encaissements ?

     

    Plus qu’une migration, un arrêt des moyens de paiements

     

    Les premières phases de l’adoption des normes européennes de paiements ont consisté à remplacer des moyens de paiements nationaux par des équivalents européens. Si dans le détail les règles de fonctionnement et les formats d’échanges des virements et prélèvements SEPA présentent de nombreuses spécificités, les principes généraux du virement et du prélèvement sont restés inchangés. Cette fois il s’agit véritablement d’arrêter deux moyens de paiements dits « de niche », le TIP (Titre Interbancaire de Paiement) et le Télérèglement. En effet, ceux-ci sont assimilés par le législateur européen à un prélèvement mais présentent des caractéristiques fondamentales différentes :

     

    • Les "schemes" du SDD (Sepa Direct Debit ou prélèvement SEPA) ne prévoient pas d’étape d’accord du paiement par le client, caractéristique fondamentale du télérèglement.
    • De même, s’il existe un mandat de prélèvement SEPA dit « one-off », utilisable pour une unique échéance, celui-ci ne prévoit pas d’accompagner les chèques des clients ne souhaitant pas communiquer leurs coordonnées bancaires.

     

    La migration : principale difficulté du remplacement du télérèglement

     

    Le télérèglement est probablement le moyen de paiement le plus simple à remplacer. Bien que le « scheme » SDD ne prévoit pas d’étape de validation du paiement par le client, rien n’empêche les créanciers de maintenir le fonctionnement actuel marketing en proposant à ses clients de continuer à donner leur accord au paiement sur un portail de télérèglement. Le paiement sera ensuite effectué par un véritable prélèvement SEPA.

     

    La difficulté principale vient du fait que ce moyen de paiement est principalement proposé à des entreprises et que la place s’oriente plutôt vers le SDD B2B. Cette variante du prélèvement SEPA nécessite de faire signer des mandats de prélèvements SEPA B2B aux clients en préalable au premier prélèvement. Ce mandat, signé par le client devra être envoyé à sa banque pour permettre le contrôle des ordres de prélèvement avant leur exécution. La phase de collecte des mandats doit donc être anticipée pour éviter les situations de blocage au moment de la bascule. Le risque principal étant alors un transfert massif des clients vers le virement ou le chèque, moyens de paiements nécessitant souvent une affectation manuelle dans les services encaissements des créanciers.

     

    Le TIP SEPA : offre s’inscrivant dans la continuité du TIP

     

    Le TIP SEPA est la principale proposition pour remplacer le traditionnel TIP. En fait de TIP, il s’agit d’un mandat de prélèvement SEPA one-off, au même format que le TIP et pouvant être traité par les prestataires d’encaissements. Le TIP SEPA peut également accompagner un chèque pour permettre son affectation en automatique dans les systèmes du créancier. Le traitement du TIP SEPA repose sur les vénérables lignes optiques, reconnaissables par les lecteurs OCR des prestataires d’encaissement. Cette proposition permet donc de maintenir le principe d’un coupon à double usage, traité par les prestataires, et l’apparence d’une grande continuité dans l’usage du moyen de paiement.

     

     

     

    Malgré une volonté de continuité, le TIP SEPA présente des limites importantes 

     

    Première difficulté, l’édition du TIP SEPA nécessite une nouvelle maquette et de nouvelles données, ne figurant pas dans les systèmes des créanciers : coordonnées bancaires au format international IBAN, Référence Unique du Mandat, Identifiant Créancier SEPA… S’il sera toujours possible d’enrichir les éditions au plus près de l’impression, la modification et l’enrichissement de nombreux formats de factures ou quittances peut représenter un coût important, sur des chaines de facturation souvent sensibles.

     

    La difficulté principale tient au fait que le TIP  SEPA signé par le client donnera bien lieu à un prélèvement SEPA alors que les clients avaient jusqu’à présent l’habitude de constater des opérations TIP au débit de leurs comptes bancaires.

     

    Le TIP étant proposé en majorité à des clients refusant le principe du prélèvement, ou suite à l’impossibilité de prélever un client (changement de coordonnées bancaires, compte clos, opposition…), un doute sérieux existe sur le niveau d’acceptation de ce moyen de paiement par les clients avec à la clé des risques de contestations ou de réclamations de clients ne comprenant pas pourquoi ils sont prélevés suite à la signature d’un TIP.

     

    De plus, le TIP SEPA n’étant pas normalisé par le CFONB (Comité Français d’Organisation et Normalisation Bancaires), les créanciers ne doivent pas s’attendre à ce que les banques forment leur personnel à cette solution.

     

    Enfin, à l’heure du tout digital et du multicanal, le TIP SEPA pérennise un circuit d’encaissement papier reposant sur des échanges de courrier.

     

    Quelles alternatives pour le remplacement du TIP ?

     

    Plusieurs solutions alternatives existent : des plus innovantes au plus simples.

     

    SEPAmail, avec son application RUBIS ("Règlement Universel Bancaire Immédiat & SEPA"), est une solution dématérialisée de présentation de facture. Elle permet au créancier de transmettre la facture au client via le réseau bancaire. Le client peut alors consulter la facture sur son internet bancaire ou l’application de sa banque sur son Smartphone ou sa tablette. S’il en accepte le montant, il pourra valider le paiement directement dans l’application sans devoir saisir d’informations complémentaires. Les données transmises avec la facture permettront à sa banque d’émettre un virement référencé, se réconciliant en automatique dans les systèmes du créancier. Si le principe est prometteur, SEPAmail est encore en phase de démarrage avec de premiers pilotes lancés par de grands créanciers.

     

    Le taux d’équipement en smartphone progressant à grande vitesse, il est désormais possible d’enrichir les factures, voire le TIP SEPA lui-même, par un code 2D. Le flashage du code par le client pourra au choix :

     

    • Amener le client sur l’espace client du créancier pour signer un mandat SEPA one-off ou effectuer un paiement en ligne (carte de paiement, paypal…)
    • Ouvrir l’application du créancier ou de son prestataire pour un paiement mobile depuis l’application

     

    Cette dématérialisation du paiement présente de nombreux avantages : réduction du délai et du coût de transaction, meilleur service pour les clients, image innovante pour le créancier…

     

    A l’opposé, certains créanciers s’orienteront avec raison vers une solution simple : l’encaissement d’un chèque accompagné d’un coupon d’encaissement. Le principe est simple, conserver la première ligne optique du TIP et modifier son apparence pour le transformer en coupon chèque. Le traitement de l’encaissement se fera alors par le prestataire d’encaissement comme pour le TIP accompagné d’un chèque et avec le même niveau d’efficacité. Bien que représentant un retour en arrière par-rapport au TIP, cette solution pourra séduire les créanciers au faible volume d’encaissements par TIP ne souhaitant pas investir dans des solutions plus coûteuses. Cela peut également être une solution complémentaire à des solutions d’encaissement plus moderne, pour traiter au meilleur coût le volume résiduel de chèques.

     

    A un an de l’échéance réglementaire, il est désormais urgent pour les créanciers de choisir la ou les solutions pour assurer la continuité de leurs encaissements. Ce choix doit être guidé par la typologie de clientèle et le poids du TIP et du Télérèglement dans les encaissements du créancier.

     

    Si le principal enjeu est de maintenir l’efficacité des circuits d’encaissement, les créanciers disposent d’une opportunité unique pour mener une vraie réflexion sur leur stratégie de moyens de paiement et sur le niveau d’innovation qu’ils souhaitent apporter à leurs clients. Nous vous invitons à nous contacter pour bénéficier du retour d’expérience de nos consultants dans l’élaboration de ces stratégies.

     

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