• Quelle place pour l'humain dans une DAF digitale ? Quelle place pour l'humain dans une DAF digitale ?
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    10/04/2019
    STRO

     

     

     

    « Dis-moi Google, est-ce que l’humain sera perdant dans la digitalisation des DAF »

     

         « Désolé, je ne peux pas répondre à cette question »

     

    La place de l’humain dans l’entreprise relève un caractère subjectif qui dépasse l’IA (Intelligence Artificielle) … pour l’instant. Selon un sondage IFOP de 2017, 2/3 des Français sont « inquiets » à cause du développement de l’IA et de son impact sur l’emploi. Cette crainte est applicable au contexte des directions administratives et financières.

     

    La théorie économique du progrès technique entraînant une « destruction créatrice » de valeur nuance ce point de vue. Des emplois sont menacés, d’autres sont inventés. D’après une étude DELL, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. Ce principe s’appliquerait à la DAF 2.0. Par ailleurs dans leurs missions les consultants d’Althéa rencontrent des personnes qui montent en compétence avec la transformation de la fonction finance dans leur société. A titre d’exemple, l’utilisation de l’IA associée au Big Data permet de développer de nouvelles compétences d’analystes du pilotage de la performance.

     
     
       

    Evolution des effectifs au sein de la DAF digitale : réduction des postes à chez « les travailleurs du clic » qui « saisissent des données comme des robots »

     

    Une direction administrative et financière digitale est à la pointe des technologies numériques dans les processus de comptabilité, de contrôle de gestion et de finance. Aujourd’hui, les DAF envisagent fortement d’investir dans ces technologies d’ici 2020 : 85% dans la dématérialisation (« order to cash », « procure to pay », « report to record ») et 48 % dans la robotisation.

     

    1. Les gains de productivité grâce à ces innovations sont basés sur des procédures routinières.
    2. Les algorithmes des IA reproduisent des tâches binaires sans nuance.
    3. Les opérations à faible valeur ajoutée sont les premiers postes concernés par la digitalisation.

     

    Baisse annoncée du nombre de comptables

     

    A terme, le métier de comptable tel qu’on le connaît aujourd’hui a 97 % de risque de disparaître selon une étude de l’université d’Oxford (2015). On pense surtout aux agents comptables (fournisseurs ou clients) qui enregistrent des factures à temps plein. Or aujourd’hui, le traitement des factures peut être automatisé par la dématérialisation, ainsi que par l’usage des chatbots et des interpréteurs comptables (cf. articles Althéa traitant de ces sujets en fin de page).

     

    Même si les pièces comptables sont au format papier, la RPA (Robotic Process Automation) permet d’automatiser des tâches. Par exemple, le lettrage des chèques avec les créances clients est robotisé grâce à des scanners dotés de la technologie de reconnaissance optique des caractères.

     

    Evolution d’effectifs dans le contrôle de gestion

     

    Le métier de contrôle de gestion sera aussi impacté par la digitalisation. Karine Havas, DAF de GEFCO « anticipe une disparition d’ici 5 ans du métier de contrôleur de gestion classique ». Le terme classique a toute son importance. Le métier de contrôle de gestion ne va pas disparaitre, mais terriblement évoluer :

     

    • Accélération de la production de données analytiques par la dématérialisation des processus de Record to Report ;

    • Fiabilité des données produites, généralement plus sûres, nécessitant moins de contrôle ;     

      

    •   Se familiariser avec des outils d’aide à la prise de décision.

     

     

    Le Temps de travail humain » nécessaire à la production de données de gestion exploitables est ainsi réduit pour se consacrer à des analyses plus accrues.

     

    On constate que les DAF qui mettent en place des solutions d’EPM (Enterprise performance management) connaissent des gains de productivité élevés dans la production de reportings. Aujourd’hui de nombreuses solutions du marché mettent à disposition des managers des tableaux interactifs, mis à jour en continu, ergonomiques et visuels. Dans ce cas, il n’y a plus besoin de mettre en forme leurs graphiques sur des tableurs. Les solutions de pilotage de la performance intègrent la « data visualisation » pour que les managers s’approprient facilement les informations qui leurs sont utiles. Les contrôleurs de gestion qui étaient affectés à la production de rapports voient leur emploi remis en question.

     

     

    Vers des métiers à plus forte valeur ajoutée au sein de la DAF 2.0 : moins d’administratif et plus de finance grâce au digital

     

    Les emplois des directions financières sont souvent désignés par l’expression « les métiers du chiffre ». Les performances d’une partie de ces profils sont évaluées selon une vision essentiellement quantitative. Néanmoins, les travaux de la DAF ont aussi une dimension qualitative. Or, la digitalisation s’empare des travaux numériques ; ce qui laisse aux collaborateurs des travaux plus valorisants, plus qualitatifs, plus analytiques … plus humains.

     

     

    A court terme : implication dans la transformation de leurs métiers

     

    Les projets de déploiement de nouvelles applications financières s’appuient en partie sur les collaborateurs de la DAF. Ils ont une maîtrise opérationnelle des processus et leur connaissance métier est précieuse. Ils remontent des besoins fonctionnels.

     

    L’implication dans les projets de transformation est une opportunité pour les collaborateurs de monter en compétences. Ils apprennent à travailler en « mode projet » et développent leurs « soft skills ». Les « key users » réalisent des tests dans la phase de recettes fonctionnelles et ils sont partie prenante de la conduite du changement. Ils diffusent les bonnes pratiques corrélées à la mise en place des nouveaux outils. Certains rédigent ou valident de nouvelles procédures.

     

    A moyen et long terme : des métiers avec des tâches plus intéressantes

     

     

     

    Les opérations comptables nécessitant encore des interventions humaines seront celles à plus forte valeur ajoutée. A titre d’exemple :

    Les paiements lettrés par les comptables concerneront des cas particuliers : données incohérentes, regroupements complexes de factures, nouveaux clients… ;

     

    La révision comptable consistera en des contrôles macro pour valider le bon fonctionnement du système comptable automatisé ;

     

    Le comptable 2.0 se concentrera sur l’amélioration continue du contrôle interne et d’intégrité des données dans les processus de bout en bout;

     

    La comptabilité incorporera une grande part d’analyse, pour actualiser ou affiner les comptes analytiques…et la digitalisation repose sur la qualité des « inputs » des systèmes d’information.

     

    La digitalisation de la comptabilité entraînera une diminution de l’emploi comptable. Dans les prochaines années, on peut s’attendre à un déversement d’effectifs de la comptabilité vers le contrôle de gestion. Jérôme de Bertoult, directeur financier de « DesmetBallestra », considère que « L’un des défis auquel un DAF est confronté consiste à faire monter en compétence des comptables afin qu’ils s’approchent de plus en plus du rôle de Business Controller ».

     

    Les contrôleurs de gestion évolueront vers des travaux à forte valeur ajoutée. Ils accompagneront l’entreprise et les directions opérationnelles dans leur développement et les prises de décision. Ils seront vus comme des « partenaires » des managers. On parle de « business » ou de « Financial Analysts ». Avec des données et des rapports à disposition plus rapidement, ils peuvent se consacrer pleinement à la traduction économique des chiffres. Selon une enquête DFCG, 33 % des DAF mettent plus de 14 semaines pour réaliser leur budget et 67 % considèrent ne pas disposer d’assez de temps sur l’analyse en raison d’une collecte de données chronophage.

     

    Althéa accompagne ses clients dans la mise en place de solutions de pilotage de la performance produisant des budgets prédictifs. Le « business analyst », apporte son éclairage économique sur les scénarios intégrés aux modèles statistiques. Le volume d’informations à traiter a connu une croissance exponentielle avec la généralisation du Big Data : les données clients collectées par les applications (réseaux sociaux, comptes clients…) et par l’IOT (« Internet of things », les capteurs des objets connectés qui mesurent précisément nos habitudes de consommation).

     

     

                    

     

     

     

    Les « soft skills » mises en avant

     

    Grâce à la digitalisation de la DAF, le travail restant à réaliser par les collaborateurs est la partie la plus intéressante et la plus valorisante du métier. Le traitement des problèmes les plus subtiles, sujets à débat, nécessite de la collaboration. Pour ces travaux, il ne faut pas seulement faire appel à l’intelligence logico-mathématique, domaine dans lequel l’Intelligence artificielle supasse l’Homme. Traiter des sujets « polémiques », nécessite de l’intelligence relationnelle et émotionnelle, domaine dans lequel les chatbots ne sont pas à la « page ».

     

     

     

    Par exemple, l’expérience d’un analyste compétent est un levier majeur dans la résolution d’un litige entre un fournisseur et son client, notamment sur l’application d’une clause contractuelle. La connaissance du contexte économique, est utile pour « lire entre les lignes » et ainsi trouver des solutions de compromis qu’un Chatbot ne sait pas exploiter.

     

     

    Plus d’interactions avec les autres services

     

    Désormais débarrassé des tâches à faible valeur ajoutée, le contrôleur de gestion 2.0 sollicite ses interlocuteurs sur des sujets stratégiques. Jerôme de Bertoult souhaite que « les contrôleurs financiers s’investissent dans la compréhension de l’activité qu’ils analysent ». Pour mieux faire parler les chiffres, ils doivent échanger avec les opérationnels qui ont réalisé les performances décrites dans les tableaux de bords. Et pour les comprendre, le « business analyst » doit maîtriser le domaine d’activité : les acteurs du marché, l’actualité financière, les innovations… Une plus forte spécialisation sectorielle du métier est d’ailleurs envisageable à terme.

     

     

     

    @ La DAF digitale comptera peut-être moins d’humains mais ils réaliseront un travail plus humain

     

    Si cette thématique vous intéresse, nous vous invitons à lire aussi ces articles du cabinet Althéa :

    http://www.althea-groupe.com/corner/quelles-opportunites-offre-la-robotisation-pour-les-daf

    http://www.althea-groupe.com/corner/interpreteurs-comptables-une-opportunite-pour-les-grandes-et-les-petites-entreprises

    http://www.althea-groupe.com/corner/les-chatbots-futur-outil-de-la-fonction-finance

     

     

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