•  « Behind the MOOC - Vol. 2 » : L’interview de Julie Doumenc (2/3) ! « Behind the MOOC - Vol. 2 » : L’interview de Julie Doumenc (2/3) !
    Digital RH
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    25/11/2015
    PLEC

    En tant qu’expert RH et Digital, Althéa s’intéresse depuis plusieurs mois au phénomène des Massive Open Online Courses (MOOC). Au-delà de ce que nous avons pu en apprendre au travers de notre veille, nous avons voulu aller plus loin, en explorant les MOOC, vus de l’intérieur… . Pour le 2e volet de notre enquête, nous souhaitons donner la parole à un apprenant, une personne ayant suivi l’intégralité d’un MOOC. Qu’est-ce que celui-ci lui a apporté ? Pourquoi avoir recherché des formations complémentaires ? Nous donnons la parole à Julie DOUMENC, Directrice du développement du Cabinet de Conseil Althéa.

     

     

     

    Pourquoi avez-vous souhaité suivre un MOOC ?

     

     

    Julie Doumenc : "D’abord par curiosité. C’est un sujet « à la mode » et qui semble avoir le vent en poupe, donc je souhaitais vivre un MOOC de l’intérieur pour voir à quoi ça ressemble. La seconde raison, c’est pour sortir la tête du quotidien. Je m’investis de manière importante dans mon travail et je n’ai que peu de temps pour aborder de nouveaux sujets « pour le fun ». J’avais repéré ce MOOC sur la Pensée Design qui pouvait me permettre de réfléchir « out of the box » quelques heures par semaine, tout en proposant un mode de fonctionnement à la fois assez encadré pour me motiver à le suivre sur la durée, et assez souple pour faciliter l’intégration de cette activité dans mon planning."

     

     

     

     

     

    Vous devez déjà être bardée de diplômes, pourquoi une formation complémentaire ?

     

     

    J.D : "Bardée de diplôme, faut pas exagérer ! ;-) D’ailleurs, mes diplômes, tout comme ce MOOC, ne sont pas en lien direct avec le poste que j’occupe. Néanmoins, ce que j’ai appris, que ce soit en école d’ingénieur ou dans ce MOOC, peut s’appliquer à mes problématiques quotidiennes et m’aider à les résoudre. C’est d’ailleurs ainsi que je vois les choses : je ne cherche pas à cumuler les certifications pour valider des compétences et les afficher sur un CV ou un profil Linkedin. Mon intérêt porte plutôt sur le fait de continuer à apprendre, entretenir ma curiosité en découvrant de nouveaux sujets, et ainsi avoir la capacité à être plus performante."

     

     

     

    Pendant le MOOC, qu’est-ce que vous avez apprécié ?

     

     

    J.D : "Dans l’ensemble, j’ai trouvé que le MOOC était très bien fait : les vidéos de « cours » sont courtes et pragmatiques, les vidéos qui sont proposées en plus sur des conférences (TED par exemple) ou les focus sur un sujet précis permettent d’approfondir la vidéo du cours avec des illustrations concrètes, les quizz sont simples et ludiques, et l’enchaînement et la progression au fil de l’eau sont très cohérents. A cela s’ajoute un support de cours que l’on peut imprimer et qui nous guide dans toutes les étapes. Il est notamment très utile pour les exercices qui eux aussi gagnent en complexité au fur et à mesure.

     

     

    Au-delà de ces aspects de présentation du MOOC, j’ai apprécié le fait qu’il soit gratuit. Cela permet de tester un thème sans se sentir « engagé » fortement. Concrètement si ça me plait je reste, sinon je zappe. Et là je suis restée !"

     

     

     

    Le taux d’abandon des MOOC est très important…* qu’est-ce qui vous a tenu en haleine ?

     

     

     

    J.D : "Pourtant, j’ai bien failli craquer ! En effet, les exercices demandés à chaque fin de semaine sont de plus en plus prenants et compliqués. Si on souhaite jouer le jeu et produire quelque chose de valable, il faut investir de plus en plus de temps. J’ai eu du mal à trouver ce temps sur les deux dernières semaines. J’ai revécu, à ma grande surprise, des situations d’étudiante lorsque je pensais ne jamais réussir un examen ou rendre un dossier de mauvaise qualité. Avoir ces montées d’adrénaline alors qu’on a été choisir un MOOC de son propre chef pour le plaisir, c’est un comble !! Ce qui prouve qu’il était bien réalisé et passionnant et ce qui explique certainement le fait qu’une grande partie des inscrits aient été au bout.

     

     

    Cette pression positive est accentuée par le système même du MOOC : créer une communauté d’apprenants qui partagent en permanence leurs résultats d’exercices, mais également leurs idées, leurs difficultés… Le fait de lire les travaux d’autres apprenants et de les trouver excellents a renforcé parfois mes propres doutes sur la qualité de ce que j’avais produit dans le cadre du MOOC mais m’a aussi donnée des idées et m’a permis de me challenger.

     

     

    Enfin, il ne faut pas perdre de vue que contrairement au système scolaire classique, les évaluations réalisées au fil de l’eau le sont d’abord pour nous-mêmes. Finalement, peu importe la note obtenue, ce qui compte c’est ce qu’on a appris depuis l’étape précédente. Quand on garde ce principe à l’esprit, on se challenge différemment et notre motivation n’en est que renforcée."

     

     

    Les MOOC : phénomènes de mode ou révolution des modes de formation ?

     

     

    J.D : "En tant qu’apprenante, je vois dans les MOOC une formidable opportunité d’aborder des sujets nouveaux en autonomie, tout en pouvant, si on le souhaite, entrer en contact direct avec d’autres apprenants, des experts, des enseignants. Ces contacts enrichissent notre vie avant même nos compétences. Reste qu’il faut être capable de prendre du temps pour suivre sérieusement un MOOC et en tirer les bénéfices, ce qui n’est pas toujours simple.

     

    L’originalité, parfois déconcertante pour moi qui ne suis pas de la génération Y ou Z, c’est que l’apprenant devient acteur de sa montée en compétence. Cela induit une multitude de perspectives professionnelles et personnelles autour de l’éducation et de la formation, et constitue un véritable catalyseur de motivation."

     

     

    Bref, nous avons rencontré Julie DOUMENC !

     

     

     

     

    Pour aller plus loin :

     

     

     

    « Behind the MOOC » : L’interview de Fabrice MAULEON (1/3) !

     

    « MOOC : révolution RH ou phénomène de mode ? »

     

    L’annuaire des MOOC francophones 

     

     

     

     

     

    * Source : Le taux moyen d’abandon d’un MOOC est de 90%  (Source : http://www.timeshighereducation.co.uk/news/mooc-completion-rates-below-7/2003710.article)

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